Zemmour – Le Pen : le syndrome du mépris de classe

L’évocation de la théorie du « grand remplacement », l’obsession de la défense civilisationnelle, le retour de la loi napoléonienne sur les prénoms… Sur bien des aspects, les idées d’Eric Zemmour coiffent au poteau celles de Marine Le Pen sur le plan de la radicalité. A Fréjus, la candidate RN l’affirmait d’ailleurs : « Eric Zemmour est à ma droite. »  

Il est aujourd’hui le candidat potentiel au discours le plus radical. Pourtant, selon un sondage Harris Interactive paru le 21 septembre, 25% des électeurs de François Fillon en 2017 se disent prêts à voter pour le polémiste, contre 10% de ceux de Marine Le Pen. Chez Les Républicains, nombreux sont les cadres de la frange le plus à droite du parti à lorgner sa candidature. Eric Ciotti lui-même affirmait qu’entre Emmanuel Macron et Eric Zemmour il voterait pour ce dernier, lui qui s’est toujours refusé à une quelconque compromission avec le RN. 

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« Voter pour Zemmour, c’est plus chic, plus convenable »

Les étiquettes ont la peau dure, et malgré le processus de dédiabolisation savamment mis en place, le cordon sanitaire qui entoure le RN n’a pas cédé. Près de cinq ans plus tard, Marine Le Pen pâtit toujours de l’image désastreuse du débat du second tour et souffre de la comparaison entre sa piètre prestation et les qualités d’orateur du polémiste. « Comment voulez-vous faire confiance à quelqu’un qui a humilié ses électeurs de la sorte ? » questionnait un ancien filloniste, venu soutenir Eric Zemmour à Toulon pour le lancement de son livre. A droite, on soutient cette idée : il est plus aisé de voter pour un ancien journaliste, cultivé et bon orateur, que pour la fille de Jean-Marie Le Pen, peu importe le fond des propositions.  

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« Dans un premier temps, l’électorat de Zemmour était plutôt typique de ce que pouvait être celui de Marine Le Pen : jeune, rural et peu diplômé, analyse le directeur délégué d’Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy. Mais, depuis quelques semaines, on note un afflux de voix d’électeurs plus diplômés, plus âgés, aux niveaux sociaux plus élevés. La posture d’intellectuel de Zemmour, sa mobilisation de l’Histoire et la crédibilisation de son étiquette de candidat participent à mobiliser ce nouveau vivier électoral. »  

Certains analysent ce phénomène à travers une lecture de classe. « Zemmour est bien plus rigide que Marine Le Pen, mais voter pour lui, c’est plus chic, plus convenable, assure un élu de droite. Voter Marine Le Pen ça fait un peu province, un peu prolo… » Si la dédiabolisation du RN n’a pas été un franc succès, l’instauration de la ligne populiste est désormais un acquis pour Marine Le Pen. Au point de devenir l’objet d’un mépris de classe. 

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