Primaire écologiste : Coffin, Rousseau… Quand le féminisme l’emporte sur la démocratie

C’est le Jour J pour les écologistes, celui de la primaire. A 17h30, ils sauront enfin qui de Sandrine Rousseau ou Yannick Jadot portera leurs couleurs pour l’élection présidentielle 2022. Un résultat aux mille incertitudes, dont l’une embarrasse particulièrement au sein d’Europe Ecologie-Les Verts : Sandrine Rousseau, si elle est défaite, soutiendra-t-elle vraiment Yannick Jadot ? 

Ces derniers jours, la candidate et ses équipes ont imposé un débat qui a autant congestionné Yannick Jadot et ses soutiens que les organisateurs de la primaire écologiste. « Le féminisme vaut-il plus que la démocratie ? », voilà en creux la question imposée par Sandrine Rousseau et les siens. Dans les couloirs de France Inter, la semaine dernière en plein entre-deux tours, raconte Libération, Alice Coffin – porte-parole de Rousseau – a escamoté Jadot : « Je lui ai dit que c’était contraire à ses combats et ses discours que d’être un obstacle à une candidature féministe à la présidentielle alors qu’un mouvement est en train de se créer dans le pays […]. Ce n’est pas une agression, mais si on est vraiment féministe, on laisse la place. » 

« Allez-vous-en ! »

« On était estomaqué. C’était hallucinant », macère encore un des lieutenants de Jadot, présent au moment de l’échange. L’élue parisienne et militante féministe n’en est pas à son coup d’essai. Il y a peu, au micro du podcast belge Septante minutes, la même Coffin visait déjà « les mecs » d’EELV candidats à la primaire : « Mais qu’ils s’en aillent les Yannick Jadot et les Éric Piolle ! Qu’ils ne nous expliquent pas qu’ils sont pour les féministes… T’es pas un marchepied [pour le féminisme], t’es une porte blindée ! Allez-vous-en ! » 

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Ce n’est pas tant les propos d’Alice Coffin qui ont coupé le souffle de Yannick Jadot – « on la connaît Alice, vous savez », feint-on chez le candidat – mais le fait que cette injonction intellectuelle soit devenue la stratégie de Sandrine Rousseau, recalant les questions de lutte contre le réchauffement climatique au second rang. Ils l’ont vue à l’oeuvre ces derniers temps : des sympathisants de Rousseau qui sommaient certaines femmes d’EELV de voter Rousseau si elles étaient de véritables féministes. Des alertes sur ces pressions sont même remontées jusqu’à la direction d’EELV… Sans réponse pour l’heure. 

« Piolle se serait désisté s’il était vraiment féministe »

L’oukase rousseauiste a fait une victime au premier tour : Eric Piolle. Pendant la campagne, le maire de Grenoble se pose en « allié » du féminisme. « Je suis conscient de mes privilèges », jure-t-il lors d’un meeting, lui qui se dit « déconstruit ». Mais Sandrine Rousseau doute de son engagement. « Un homme peut évidemment être féministe. Enfin, il peut être allié en tous les cas », dit-elle au micro de France Inter, fin août. Après tout, elle-même a établi sa vision selon laquelle la destruction de la planète et la domination masculine sont intimement liées. « Il se serait désisté s’il était vraiment féministe », confie-t-elle en privé, a rapporté L’Obs, avec les mêmes mots que ceux d’Alice Coffin un mois plus tard au sujet de Yannick Jadot. 

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Ou pour paraphraser Jean-Luc Mélenchon : le féminisme, c’est elle. « Peu importent les programmes, peu importent les idées, les parcours, les volontés… Seule compte la place occupée dans la grille de lecture imposée par Coffin et Rousseau », soupire un écologiste pas particulièrement pro-Jadot. Dès lors, elle ne laisse que peu d’options à Yannick Jadot : s’il n’est pas l’allié du féminisme, alors il est un oppresseur à combattre. 


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